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La petite histoire du miel dans la vallée du Jaur ; En savoir plus sur le Pollen et la Gelée Royale.

Aujourd'hui, l'apiculture est toujours pratiquée dans l'arrière pays languedocien, et sous des formes différentes. C'est pour cela que j'ai tenu, dans un but pédagogique, à conserver les méthodes traditionnelles choisies par les abeilles elles-mêmes qui bâtissaient leurs "nids" dans les arbres. Ces ruches en troncs de châtaigniers ont toujours existées et existent encore. Bien qu'en fort recul dans nos vallées cévenoles, elles semblent faire partie du paysage : chez nous, dans le Haut-Languedoc, elles s'appellent bruscs ou bourgnous.

Le châtaignier est un arbre qui peut être utilisé entièrement (tout comme le cochon !!!!!):

  • Les jeunes tiges sont utiles pour réaliser des treillages, des échalas, des cercles.
  • Les bogues sont transformées en compost.
  • Les feuilles nourrissent les troupeaux, et autrefois garnissaient les paillasses.
  • Les troncs abritent les abeilles.

On l'appelle " l'arbre d'or " ou " l'arbre à pain ".

Les troncs sont creusés à l'aide de gouges. Le fond ouvert est posé à même le sol, le toit est fait de planches et d'une lauze (ardoise).
Nos ancêtres taillaient avec un couteau les rayons (brescas en Occitan), ils en extrayaient le miel dans des pressoirs ou en tordant ces rayons dans un linge. La cire qui en résultait était vendue aux fabricants de chandelles ou aux menuisiers pour leur finition sur les meubles. Dans certaines familles, les abeilles fournissaient le seul sucre que l'on consommait.

Dans les exploitations, les abeilles symbolisaient la vie et la prospérité du mas. Le maître de maison, responsable du rucher, prenait soin de ses abeilles. Après son décès, si le successeur n'était pas aussi attentionné, il arrivait que les abeilles partent. Cet abandon était alors considéré comme un oracle de mauvaise augure pour la prospérité du mas. Pour éviter ces dégâts, il existait un rituel :
le décès du maître était annoncé aux abeilles par l'héritier qui prêtait serment de veiller sur elles comme son prédécesseur et il plaçait un morceau de crêpe noir à la première ruche en signe de deuil.

Le Pollen :

Il est indispensable à la jeune ouvrière, dans ses premiers jours de vie. Il aide à son développement, et permet à ses glandes hypopharyngiennes et mandulaires d'entrer en service. Il entre également dans la composition de la nourriture des mâles (larves et adultes).

Il est composé de 24% de protéines, 27% de glucides, 19% d'eau, 5% de lipides, 5% de sels minéraux, 18% de substances cellulosiques, et 2% divers (enzymes,Vit A,B,C,D,E, ...).

Le pollen est récolté par l'ouvrière, pendant sa mission de butineuse. Elle le rassemble au fur et à mesure du butinage dans un emplacement nommé "corbeille" situé sur sa dernière paire de pattes (au total l'abeille possède trois paires de pattes). Le pollen ainsi rassemblé forme une pelote. Lorsque la corbeille est suffisament pleine (environ 20 mg), la butineuse rentre à la ruche dans le but de déposer le Pollen dans une alvéole. Et là, malheureusement, l'apiculteur aura placé une grille (trappe à pollen) à l'entrée de la ruche qui l'obligera à perdre une partie de son butin, car les trous par lesquels elle devra se faufiler seront très étroits !... Mais cette partie perdue pour la colonie ne le sera pas pour tout le monde : il tombera dans un tiroir, sera récolté et séché par l'apiculteur.

La Gelée Royale:

Elle est fabriquée par la jeune abeille (l'ouvrière) à l'aide de ses glandes hypopharyngiennes et mandibulaires. La gelée royale rentre dans la composition de la nourriture de la colonie : à faibles doses pour les larves d'ouvrières et de mâles, mais nourriture exclusive pour les larves de reines. Ainsi, la larve de reine se développe beaucoup plus vite et donne naissance à une abeille de proportion et de durée de vie différentes des ouvrières (5 ans contre 2 mois).

Pour produire de la gelée royale en vue de la commercialiser, il faut sélectionner la meilleure souche du cheptel qui deviendra la colonie éleveuse et sera transvasée dans une ruche prévue à cet effet (appelée ruche d'élevage). Un côté orphelin séparé par une grille à reine où seules les ouvrières passent du côté non orphelin. On réalise un prélevement de larves à l'aide d'un picking que l'on dépose sur un cadre constitué de cupules : c'est la technique du greffage. Ce cadre est introduit dans la ruche éleveuse du côté orphelin. Ainsi pendant les trois premiers jours, les nourrices vont aller alimenter ces larves de gelée en vue de produire des reines. Au bout de ce délai, nous retirons le cadre, nous ôtons la larve et aspirons la Gelée Royale à l'aide d'une pompe à vide. Cette opération est effectuée tous les trois jours durant toute la "belle saison" (chez nous de Mai à Juillet). Une ruche éleveuse peut en moyenne produire 500 g de Gelée Royale par saison.

Nous avons choisis de vendre la gelée royale fraîche (à conserver au réfrigérateur) de manière à ce qu'elle ne perde rien de ses vertus, de ce fait nous ne pouvons la mettre en vente en ligne mais vous la trouverez à la miellerie, de mai à juillet. N'oubliez pas de nous la réserver !


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